Saly, Mbour, Sénégal
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Notre association, créée sous le nom d’ALEDS, à la fin décembre 2013, a démarré son activité « officielle » en avril 2014. En effet il nous fallait bien 3 mois pour constituer l’équipe, accomplir les formalités administratives, rechercher des locaux, rassembler le premier matériel, engager les premiers partenariats. C’est peu de dire que ces premiers mois ont été intenses et riches.

Mais quels résultats et quel démarrage rapide ! J’espère que ce site, encore bien imparfait et inachevé, permettra à tous nos amis internautes de se faire une idée de cette activité.

TOUT D’ABORD LES PARRAINAGES D’ENFANTS. Notre ambition est de « parrainer autrement ». Pourquoi autrement ? Il ne s’agit pas de faire autrement pour la simple ambition de se distinguer, et encore moins de se particulariser.  Il s’agit de répondre aux besoins des enfants, tels que nous pouvons les comprendre et les analyser à la lumière de notre expérience et de notre connaissance de ce qui est proposé au Sénégal.

Il nous est apparu qu’entre les grandes associations ou ONG internationales, les toutes petites associations locales (de quartier, de village) et les associations « spécialisées » dans le parrainage scolaire souvent liées à un établissement scolaire (école ou collège), il existait un besoin. Celui d’un parrainage de proximité, à taille humaine et fondé sur une vision large et globale des besoins de l’enfant, qui n’est pas seulement un élève. Cette conception, que nous portions déjà en raison de notre passé de militant de la cause des enfants et de professionnel de la protection de l’enfance, s’est rapidement affirmée lors de nos premiers contacts d’enfants à parrainer, dont certains proposés par des associations partenaires. Regardons la situation des trois enfants à la recherche de parrains que nous proposons aujourd’hui sur notre site.

Fatou, 22 ans, mariage forcé, victime de mauvais traitements familiaux, qui se bat de toutes ses forces  non seulement pour défendre ses droits, celui de choisir son mari, mais aussi pour préserver ses chances dans l’avenir en reprenant ses études secondaires. Rapidement nous avons constaté que prendre en charge ses frais scolaires ne suffirait pas et que Fatou avait besoin que nous la soutenions dans tous les domaines, éducatif, psychologique, juridique et même judiciaire.

Fatou, âgée d’à peine trois ans, pour laquelle on nous a demandé si nous pouvions prendre en charge ses frais de scolarité. Mais, comme nous allons toujours visiter les enfants avant de les proposer en parrainage, pouvions-nous nous intéresser à Fatou sans remarquer sa situation familiale, sans regarder sa maman, elle-même scolaire, la situation des propres parents de la maman et sans voir aussi la petite sœur qu’un jour il faudra sans doute parrainer aussi. Quel sens cela aurait-il de « payer » simplement la scolarité de la petite Fatou, si nous n’intervenons pas aussi au niveau de sa famille, si nous n’abordons pas aussi, dans le plus profond respect des valeurs de la famille, la question de ces naissances rapprochées, si on ne veille pas aux conditions de développement de cet enfant, de ces enfants, et de cette mère-enfant ?

Aïda, une situation encore différente. A quoi cela servirait-il de prendre en charge sa scolarité si les conditions mêmes de base d’une scolarité, c’est-à-dire une bonne santé, ne sont pas réunies ?

C’est au nom des besoins de ces enfants, qui sont les besoins de tous les enfants, que nous avons décidé de proposer systématiquement à tous les enfants parrainés, un suivi scolaire certes, mais aussi médical et éducatif et un accompagnement social de la famille.

Comme nous l’écrivons dans notre appel au parrainage :

–        VOUS, prenez en charge la scolarité

–        NOUS, assurons un suivi médical, éducatif de l’enfant et un accompagnement de la famille

–        L’ENFANT ET SA FAMILLE  s’engagent pour leur propre projet et pour aider les autres

ENSEMBLE, nous changeons la vie d’un enfant, de sa famille, et assurons leur avenir

 

Merci d’avance à celles et ceux qui accepteront de se pencher sur la situation de ces jeunes filles !

L’OUVERTURE DE LA CITE DES ENFANTS DE GRAND MBOUR ENSUITE. Un mot d’abord sur le concept : il s’agit de proposer un lieu, ouvert toutes les après-midis, et toute la journée du samedi, y compris et surtout pendant les vacances scolaires, pour que les enfants de notre zone d’intervention puissent trouver à exercer leurs droits d’enfants, le droit de s’amuser, celui d’être soutenu dans leur scolarité, celui de s’ouvrir au monde, au monde des autres et au monde de la culture.

Notre première « Cité » s’est ouverte il y a à peine une semaine, à Grand-Mbour un quartier à la limite de la station touristique de Saly et de la ville portuaire de Mbour. Un quartier populaire, bien-sûr, loin des belles résidences et des beaux hôtels du Saly des agences. Vous verrez sur le site de nombreuses photos, et bientôt des vidéos, des premières activités (Merci à « Tonton Iba » animateur de talent et de cœur, merci à Alexia et Emilie, nos stagiaires, pour leur engagement joyeux auprès des enfants, pour ces temps forts, ces chants, cette joie et leur diaporama !

Nous nous étions assurés pour 3O enfants en même temps et 100 enfants en tout. Et nous pensions atteindre cet objectif en quelques mois…En réalité, 8 jours après l’ouverture, sans aucune publicité, ni dans les écoles de la zone, ni dans les médias locaux, sans autre communication que celle avec nos voisins immédiats (voir journée d’ouverture), certains de nos objectifs sont d’ores et déjà dépassés, puisque nous avons connu « un pic » d’activité avec plus de quarante enfants présents en même temps dans les locaux dès le troisième jour ! Et que nous avons aujourd’hui près de 60 inscrits, et que les inscriptions affluent heure après heure ! Merci donc à Cheikh notre coordinateur et à Iba pour leur travail de proximité.

Si nous avons (un peu) craint pour la justesse de notre évaluation des besoins, nous n’avons aujourd’hui que celle d’être dépassés par les besoins et les demandes !

Merci donc à tous ceux qui en France, en Suisse, dans le reste de l’Europe et au Sénégal, se sont intéressés à notre projet et n’hésitez pas à vous engager avec nous dans cette Cité, et plus généralement dans notre projet qui est un projet d’entraide ! (une de nos plus grandes satisfactions est d’avoir vu des mères et des pères s’engager spontanément au sein de la Cité et de participer aussi bien au nettoyage qu’à l’animation et au soutien scolaire)

Nous avons besoin à la fois de vos contributions financières et de votre temps (nous nous adressons Spécifiquement aux habitants de MBOUR et de SALY, qu’ils soient sénégalais, résidents ou simples touristes pour qu’ils viennent nous rejoindre dans cette Cité qui est aussi la Cité de la Joie)

Un mot pour finir sur notre nouveau nom. Pourquoi passer d’ « ALEDS » à « ALEFS » ? Ce n’est pas un détail, ce n’est pas qu’une lettre dans le sigle. C’est qu’ici aussi nous avons écouté les demandes. ALEDS, c’était donc les enfants « seulement ». ALEF SENEGAL, c’est ainsi « AVEC les ENFANTS ET LES FEMMES » : c’est que la voix des femmes est forte au Sénégal, surtout de celles qui veulent entreprendre, qui veulent se battre, pour elles, leurs enfants, leurs familles et leurs pays. Or, si elles rencontrent les mêmes difficultés que leurs maris, leurs frères et leurs pères, elles doivent en affronter d’autres, celles d’être, justement, des femmes dans un Sénégal en pleine mutation. Celles aussi  d’un Sénégal où, comme dans bien d’autres pays (dans tous peut-être) les droits des femmes existent  et sont reconnus mais d’un Sénégal aussi où les réalités culturelles, économiques, sociales constituent parfois un frein au plein exercice des droits. C’est pourquoi dans nos valeurs (voir notre philosophie), nous proclamons L’EGALITE DES CHANCES ET PAS SEULEMENT CELLE DES DROITS. A notre modeste niveau, dans nos activités et dans nos Cités, nous développerons des actions et des soutiens spécifiques.

En attendant bonne circulation dans notre site !

Bernard Lesbros

Président